éléphants à Ruaha

Ruaha National Park : hébergements, Mwagusi, Jongomero, Ruaha River Lodge

L'hébergement à Mwagusi (voir notre opinion) est chaleureusement recommandé, son propriétaire-manager, Chris Fox connaît le parc comme sa poche et l'ambiance du camp est fantastique. Après avoir été concessionnaire d'un territoire de chasse au Selous, Chris Fox s'est reconverti vers une activité plus pacifique, il a notamment une tendresse particulière pour les éléphants. Nous avons fait un séjour de 6 nuits en février au  Mwagusi Camp de Chris Fox (un membre indépendant de la famille Fox). Le camp compte 16 bandas en bordure d'une rivière de sable le plus souvent asséchée (quand elle ne l'est pas, le camp peut être fermé pour impraticabilité ou son accès peut être assez sportif !) .

Chaque banda est munie d'une tour pour la fourniture de l'eau, douche deux fois par jour, apportée à dos d'homme par un Hehe dans des seaux.

Les Hehes sont un peuple de petite taille (1m 60 pour un homme chez eux équivaut à 1 m 90 chez nous) très courageux, très dynamique et très souriant. Ils ont du mérite car ils travaillent dur, mais apparemment sont très contents de travailler à Mwagusi (qui emploie sur l'année, mais pas tous en même temps, 300 à 400 personnes).

Les héhés, outre le service, assurent l'entretien du camp, réfections des toitures y compris, et ce sont eux qui ont fabriqué sur place toute l'infrastructure et le mobilier. Couleur locale donc garantie.

Le matin à Mwagusi on se retrouve pour un premier café autour des restes du feu de la nuit. Ensuite on a un délicieux petit déjeuner, tout le pain est cuit sur place, en particulier un délicieux pain sucré au gingembre et à la cannelle. Ici la photo est prise d'une banda qui sert pour le petit déjeuner quand la grande salle est occupée par un groupe. Je précise qu'un groupe à Mwagusi ça peut faire au maximum 20 personnes qui voyagent ensemble. L'avantage, c'est que les indépendants ne se retrouvent pas "noyés" dans le brouhaha.

C'est pareil le soir, on dîne soit dans la brousse, soit carrément dans la rivière de sable, où les Hehes ont apporté table et chaises... au pas de course car ils ne savent pas marcher, seulement courir... C'est bizarre et impressionnant, car courir dans du sable mou en portant un fauteuil en bois massif quand on mesure 1m50, ça ne doit pas être facile ! Cela, évidemment, quand la Sand River est vraiment de sand, car elle peut être en un jour ou même en quelques heures une brave et grande rivière de water qui bouillonne. A certains moments à l'extrême, même les 4x4 ne peuvent plus accéder directement au camp, les safaristes sont treuillés au dessus de la rivière ! On se rassure, ou on se désole si l'on est de caractère aventureux, c'est exceptionnel.

Nous avons eu plusieurs fois les éléphants dans le camp, un soir en rentrant il a fallu raser les murs pour rentrer dans notre banda (la numéro 8). Elle est connue pour attirer nos gros amis car il pousse à côté d'elle des arbres qu'ils apprécient particulièrement.

Ceci nous a valu de les avoir sur la terrasse de la banda et à ras de la moustiquaire en pleine nuit. Je vous jure que ça fait bizarre quand vous êtes dans votre lit, qui n'est isolé de l'extérieur que par la moustiquaire qui l'englobe, de voir à quelques mètres de vous (disons 4 mètres , pour ne pas exagérer, mais c'est sans doute moins) une trompe et des défenses juste en face de vous. J'ai quand même eu une petite poussée d'adrénaline... Bien sûr, pas de photo de cet épisode inoubliable ! Imaginez les éléphants passant juste derrière la table, et puis ensuite venant dévorer les arbres à grand renfort de craquements juste à droite à 2 mètres des poteaux de la banda !

Les plus

- camp très confortable malgré l'eau congrue

- nourriture vraiment excellente, tendance végétarienne, mais pleine d'imagination

- organisation très sympa des repas, petit-déjeuner et dîner en particulier, avec feu de bois, bougies, etc...

- excellents pique-niques avec tables, fauteuils, nappes... pas vraiment le "panier" standard qu'on vous file dans les Serena ou les Sopa... qui en fait est une infâme boîte en carton contenant de choses à peu près immangeables !

- personnel très gentil, enfin je parle du "petit" personnel (les Hehe, rappelez vous, 1 m 50 en moyenne mais une force de Turc)

(et si je peux ajouter : - gin-tonic très honnête, même pas besoin d'un double, hips )

Les moins

- on nous a oubliés à l' "aéroport", pas de voiture et personne à l'horizon, au milieu des zèbres, des éléphants et des cigognes... Finalement on a réussi à faire appeler le camp par radio et on est venu nous chercher 45 mn après. Pas d'explications, quelques maigres mots d'excuse marmonnés par Ethan, le second du camp. Le patron Chris Fox ne s'est pas déplacé.

- pas de piscine, bien sûr, puisque pas d'eau...

- pas d'électricité autre que éclairage solaire dans les bandas, pas de prise électrique dans les parties communes.

- il a fallu négocier pour brancher les batteries de l'ordi etc. ça n'est possible que de 13h à 16h , ce qui signifie qu'à l'heure où l'on est coincé au camp et où l'on pourrait trier les photos, on n'a pas d'ordi... Ethan le second de Chris Fox, faisait la gu... car pour lui l'électricité doit seulement servir à faite "tourner son bureau"...
En plus Ethan (à vrai dire, Chris non plus) n'est pas franchement très francophile, mais ça s'est arrangé après que j'ai expliqué à Chris que si les clients ne pouvaient recharger leurs batteries, il n' y aurait bientôt plus de bureau à faire tourner Grimaçant. Les allume-cigares des Land étaient HS, on nous a bricolé un chargeur qui normalement marche dessus pour qu'on puisse le brancher directement sur la batterie de la voiture.

En fait, si tous ces petits tracas nous ont un peu gâché le début du séjour, ils se sont vite dilués dans le plaisir de la vie quotidienne à Mwagusi, et Chris Fox s'est vraiment bien dégelé au bout d'un jour ou deux ...

Je donnerais donc 8/10 quand même de note générale, en espérant que les petits soucis que nous avons eus ont disparaissent dans les années suivantes. Je pense qu'ils ont pu bricoler leurs batteries solaires dans les bandas pour fournir à chacune au moins une prise électrique... Parce que sans ça,  Mwagusi sera affranchi de la fréquentation des casse-pieds qui comme nous prétendent faire de la photo numérique en Afrique Clin d'oeil. Bon c'est vrai, je dois admettre qu'on a beaucoup de matériel, et donc, pas mal d'exigences, mais bon, vu les prix pratiqués...

1 = bof
2 = bien
3 = parfait

emplacement

repas

accueil

confort

ambiance

game

drive

remarques (subjectives, œuf corse) sur les hébergements du Ruaha National Park

Jongomero Camp

site

3

3

3

3

3

1

6 nuits. Hébergement très agréable, chauffeurs-guides pas à la hauteur en février 2008, excentré ce qui a ses "pour" et ses "contre", allergiques aux tsé-tsé, s'abstenir !

Mwagusi Camp

site

3

3

2

2

3

2

6 nuits en février 2006. Pas de prises électriques dans les bandas, difficultés pour recharger les batteries des appareils, chauffeurs guides compétents, management efficace et actif, visites fréquentes d'éléphants dans le camp ! 

Ruaha River Lodge

site

3

3

3

3

2

2

Un lodge de la famille Fox, donc bien tenu ! Séjour en octobre. Des bandas confortables avec vue sur la rivière, bonne nourriture, organisation impeccable, le seul bémol, la taille, en haute saison, il peut y avoir foule...

Kwihala Camp

site

1 ou 3

3

3

2

2

1 à 3

Bilan mitigé pour notre séjour de 8 nuits en juin 2014 : départ en game-drive très tôt mais parfois temps de game-drive gâché par des exposés didactiques longs et inopportuns à l'arrêt dans des endroits sans intérêt. Pas un seul léopard vu mais deux guépards.

Possibilité de safaris de nuit, guides calés et motivés (même si parfois trop didactiques intempestivement...).  Boissons comprises, nourriture excellente. Fréquentation anglophone quasi exclusive, surtout sujets de sa gracieuse Majesté...  Principal reproche : camp bien placé dans une région riche en faune mais sans vue, sans possibilité de découvertes intéressantes à l'intérieur du camp même, nous n'y retournerons pas...