éléphants à Ruaha

Parcs et réserves de Tanzanie et du Kenya

 

Ruaha National Park TanzanieRuaha National Park

Le parc national de Ruaha a d'abord été une réserve de gibier, la réserve de Saba créée en 1910 puis un Parc national en 1964. Ruaha a longtemps été le deuxième parc national de Tanzanie en superficie, juste derrière le Serengeti. Le projet d'extension du Grand Ruaha était évoqué de longue date, mais il n'a été achevé qu'il y a peu, le propulsant au premier rang.

En lui adjoignant une réserve adjacente, l'Usangu Wildlife Management Area, il a abouti à la création du plus grand parc national d'Afrique de l'Est avec près de 22 000 km².  Mais l'écosystème de Ruaha est encore plus vaste, près de 45 000 km² avec les réserves de gibier (Game Reserve) de Rungwa, Kizigo et Muhesi.   

ruaha reserves rungwa tanzanie

Sa très grande superficie et sa faible fréquentation (environ 3000 visiteurs par an en 2008, mais en augmentation constante depuis) en font une destination idéale pour ceux qui veulent être tranquilles avec la faune comme seule compagnie. Rappelons que le Serengeti reçoit plus de 200 000 visiteurs par an et, de source officielle, le cratère du Ngorongoro plus de 450 000... Alors en route pour le Garden of Eden, le Jardin d'Eden comme l'ont appelé les premiers explorateurs ?

ruaha map

Ruaha est un parc avec des reliefs, c'est un plateau avec une altitude moyenne de 1000 m, une hauteur minimum à 500 m dans la vallée de la Ruaha River et un sommet à 1900 m à l'ouest du parc (Ikingu Mountain). La vie animale se concentre autour des cours d'eau, principalement les deux rivières (presque) permanentes, la Ruaha River et la Nzombe River et des lacs en saison sèche, de juin à octobre. La végétation est variée, comme les paysages : forêt, essentiellement forêt miombo (le nom swahili de l'arbre prédominant, en anglais Msasa Tree, Brachystegia spiciformis), savane à graminées, bush, dans les endroits vallonnés on voit des baobabs comme au Tarangire, que le parc évoque souvent. En fait le parc est une zone de transition entre l'écosystème du Nord, savane et bush, et le type de végétation du Sud, avec forêt miombo.

ruaha vegetation tanzanie safari

Mais il y a aussi de gros amas rocheux, des zones boisées denses, de nombreuses collines et petits monts, des rivières de sable, qui sont à sec 90 % de l'année et roulent des lots furieux arrachant ponts et gués aménagés en saison des pluies ! Le parc est irrigué par la Great Ruaha, qui en est la rivière principale, et ses affluents non permanents pour certains comme la Mwagusi Sand ou la Mdonya Sand River qui comme leurs noms l'indiquent sont réduites à un lit de sable une bonne partie de l'année, mais qui gardent un lit souterrain accessible aux "creuseurs-puisatiers" de différentes espèces, singes, éléphants, impalas, etc. La Great Ruaha River constitue la limite méridionale à l'est du parc. Sur ses 160 km alternent larges et calmes pools, rapides et gorges. Le lit et les rives de la rivière sont plus variés que ceux de la Tarangire River. La rivière est en saison sèche l'endroit où toute la vie animale semble se concentrer, une aubaine pour les safaristes ! Elle est également une aubaine pour tous les piscivores, crocodiles, hérons divers, ombrettes, aigrettes, pygargues et martins-pêcheurs, elle abrite 38 espèces de poissons. La Great Ruaha River porte un nom qui est un pléonasme puisque luvaha/iruaha veut dire rivière dans la langue des Hehe, la tribu locale. Le nom d'origine de la rivière en kihehe est Lyambangari, mais n'est plus que rarement employé, même par les Hehe.

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Ruaha en octobre

Comme nous avons pu en juger à Mwagusi Camp où ils constituent la quasi-totalité du personnel, par ailleurs fort sympathique, les Hehe sont de petite taille, mais vifs et mahousse kosto ! Ils ont d'ailleurs au temps de la colonisation allemande opposé une résistance féroce et héroïque au non moins féroce colonisateur.

À notre avis, et pas seulement au nôtre, Ruaha pourrait bien être le plus beau parc de Tanzanie (même si j'ai, plus que ma blonde, un grand faible pour le Ngorongoro, qui n'est d'ailleurs pas un parc...), avec des paysages très variés, des collines et petites montagnes (au nom aussi exotique que le Kimilimatunge), des forêts avec pelouse comme dans des parcs anglais. La biodiversité particulièrement riche de Ruaha tient à sa positions charnière entre le nord et le sud tanzanien. Ruaha est riche en buffles, et si l'on y ajoute toutes les antilopes habituelles, impalas, élands, gazelles, il n'y a rien d'étonnant  à y trouver de grands groupes familiaux de lions ("pride" en anglais) de jusqu'à une vingtaine d'individus. Les léopards sont abondants et, même si beaucoup moins nombreux que dans le nord, on peut trouver aussi des guépards dans les territoires adaptés de plaines inondables et savanes. À côté de la faune plus particulière que sont l'Antilope rouanne (ou Hippotrague rouan) et l'Antilope sable (ou Hippotrague noir, sable veut dire noir en anglais. et en héraldique...) que nous n'y avons malheureusement pas vues (elles sont plus visibles en fin de période sèche, d'août à octobre, même si c'est pourtant loin d'être gagné d'avance), Ruaha est peuplé de beaucoup d'éléphants (environ 10 000, la plus importante population des parcs d'Afrique de l'Est, mais moins qu'au Selous, qui n'est pas un parc national mais une Game Reserve), des Grands Koudous bien présents, c'est d'ailleurs le symbole du parc, on le trouve sur son affiche du parc (reproduite en vignette en haut à gauche)... Enfin, on peut avoir la chance d'y observer des lycaons, encore plus difficiles à voir que les antilopes rouannes. Et Ruaha NP compte plus de 500 espèces d'oiseaux (on trouve le nombre de 573 dans le livre de Sue Stolberger !), la meilleure période pour les observer étant la "petite saison des pluies" de novembre à décembre et surtout la "petite saison sèche", de fin décembre à février, on y trouve alors beaucoup de migrateurs venus du Nord, essentiellement des transfuges ayant fui les frimas de l'Europe, ou venus du sud, de l'Afrique australe... La flore est également très riche, avec 1650 espèces végétales, dont des baobabs à foison, bien plus qu'au Tarangire auquel Ruaha fait souvent penser et qu'au Serengeti qui ne compte "que" 600 espèces végétales.

Ruaha est le plus souvent gagné par avion, des vols réguliers de petits bimoteurs ou de gros monomoteurs existent, il y a toujours un terrain d'aviation pas loin de chaque lieu d'hébergement.

Des safaris à pied, accompagnés comme toujours d'un ranger armé, sont théoriquement possibles, mais il faut s'y prendre tellement de temps à l'avance qu'en pratique ce n'est pas évident dans tous les camps. Les lodges et camps organisent aussi de petites promenades d'une heure à une heure et demie en périphérie de leurs installations mais cela n'a rien à voir avec un vrai game-walk.

Les mois les plus chauds sont de décembre à février, avec des pointes à 40 °C le jour mais moins de 25 °C la nuit. En été (hiver austral) il peut faire 30 ° C le jour mais seulement 15 °C la nuit. En moyenne de 500 mm par an (plus sur les collines), les précipitations peuvent varier énormément d'une année sur l'autre. Les pluies commencent en novembre, les mois des plus fortes pluies, de mars à mai, sont caractérisés par une végétation très haute qui peut gêner l'observation et par une faune dispersée. Certains hébergements ferment pendant cette grande saison des pluies. Les conditions climatiques en saison des pluies, de novembre à mai, peuvent changer énormément selon les caprices annuellement variables d'El Niño ou de la Niña, dans le Pacifique.