Dans "Parcs et réserves"

Kilimanjaro NP

Kilimanjaro national park

Kilimanjaro ou Kilimandjaro

Le parc national du mont Kilimandjaro (avec un d avant le j en français), Mount Kilimanjaro National Park, a une vocation trek et hiking bien plus que safari animalier. Plus haut sommet d'Afrique avec 5895 m, le Kilimandjaro est situé en Tanzanie, ce qui résulterait d'un cadeau fait au début du vingtième siècle par la Reine Victoria à son petit-fils le Kaiser Guillaume lors de la fixation de la frontière entre le Kenya, colonie anglaise, et la Tanzanie, colonie allemande.

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Gombe NP

Gombe chimpanzéGombe

Le parc national des torrents de Gombe est le plus petit parc tanzanien avec seulement 56 km² mais est mondialement connu grâce à Jane Goodall, son institut, et ses amis chimpanzés qu'elle étudie depuis plus de quarante ans.

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Katavi NP

katavi national park tanzanieKatavi

Katavi est le troisième parc de Tanzanie en superficie avec 4471 km², derrière Ruaha et le Serengeti, mais son écosystème est aussi grand que celui du Serengeti avec plus de 20 000 km2 en y incluant la Rukwa Game Reserve, la Luafi Game Reserve, etc. Mais une grande différence, c'est que Katavi reçoit moins de visiteurs en un an que le Serengeti en un jour !

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LES ACTEURS

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La vedette que gnous savons

Commençons par la vedette en tête d'affiche. La vedette de la grande migration des gnous, c'est bien sûr le gnou. Plus précisément la sous-espèce Gnou occidental à barbe blanche,  Connochaetes taurinus mearnsi (à ne pas confondre avec le Gnou oriental à barbe blanche, Connochaetes taurinus albojubatus, s'pas ?), en anglais Western White-bearded Wildebeest, est une antilope de grande taille, pesant de 230 à 260 kg pour une taille au garrot de 130 cm et plus, et une longueur de 180 à 240 cm, sans la queue. Mâle et femelle portent des cornes dirigées vers le haut et l'arrière pour les sujets âgés de plus de 6 mois. Son nom de gnou est la transposition du swahili gnu qui est une onomatopée censée restituer le bruit quasi continu qu'émettent nos infatigables marcheurs mâcheurs. Le gnou appartient à l'ordre des Artiodactyles (nombre pair de doigts), à la famille des Bovidés et à la sous-famille des Alcephalinés dont il est le représentant le plus nombreux. C'est donc un ruminant, astreint à brouter pendant des heures et à ruminer le reste du temps. Le gnou peut brouter en se déplaçant mais doit être au repos pour ruminer, couché sur le ventre ou debout.

Les comparses, du premier second rôle aux utilités

Le gnou est accompagné dans son périple par d'autres herbivores. En premier rôle aussi, mais un cran en dessous (disons premier second rôle), nous trouvons un finement rayé, le zèbre. Ses rayures ? sans doute un moyen de limiter les puqûres des tsé-tsé. 
Le Zèbre de Bürchell est un équidé aux goûts alimentaires rustiques, la Gazelle de Thomson est une petite antilope plus délicate dans ses choix alimentaires.
En utilité, des grandes antilopes comme les élands et en beaucoup moins grand nombre les gazelles de Grant (leur migration est discutée, certains auteurs les donnent comme sédentaires). Ces utilités sont nombreuses certes mais injustement ignorées du public qui, en revanche, n'a d'yeux que pour les rôles de méchants. D'autres herbivores ne font qu'une partie du chemin, comme les topis qui profitent du nombre des gnous et associés pour voyager avec moins de risque. Ce qui est aussi une tactique employée par les zèbres : ils restent en avant-garde en saison sèche, quand la compétition alimentaire avec les gnous existent mais leur collent aux basques (...) en saison verte, quand la nourriture est abondante pour les herbivores car alors les prédateurs viennent faire leur marché  préférentiellement chez les gnous, car, comme chacun sait, les zèbres sont des proies moins faciles que le gnou.

Les méchants profiteurs

Les rôles de méchants sont tenus, et brillamment tenus, il faut bien le reconnaître, par les stars que sont les grands chats, lions, léopards et guépards et par les mal-aimés seconds rôles de composition, hyènes, chacals et vautours (et naguère lycaons). Il ne faut pas oublier des acteurs au rôle ponctuel, sinon épisodique, mais crucial, j'ai nommé les Crocodiles du Nil. Et, omniprésentes, envahissantes, la présence piquante de nuages de tsé-tsé, contre lesquelles on pestera moins quand on se rappellera que sans leur susdite envahissante omniprésente présence, la plupart des réserves naturelles et parcs nationaux tanzaniens et kenyans n'existeraient pas. C'est en effet leur présence qui a empêché l'occupation de ces territoires par les humains et leur bétail alors que la faune sauvage est immunisée contre la maladie mortelle qu'elles transmettent, la trypanosomiase (Maladie du sommeil). Les "méchants" ne migrent pas, leurs déplacements se comptent en une ou quelques dizaines de kilomètres, ils se contentent d'attendre d'une année sur l'autre l'arrivée de la manne nourricière, qui ne tombe pas du ciel mais arrive à force de sabots.
Nos prédateurs sont des carnivores patentés, chasseurs ou charognards, le plus souvent les deux à la fois. Seuls les vautours ne mangent exclusivement que des proies mortes de mort naturelle ou tuées par d'autres et seuls les guépards ne se nourrissent que de des proies qu'ils ont tuées. Alors que contrairement aux idées reçues les lions et léopards n'hésitent pas à confisquer une proie tuée par un tiers inapte à la défendre ou à manger un gros animal mort de mort naturelle. Tandis que, contrairement aux idées reçues-bis, les chacals et surtout les hyènes ne se contente pas de manger des charognes ou de voler les proies des autres mais chassent et tuent pour leur compte. Les hyènes sont d'ailleurs de redoutables chasseresses.
Les Crocodiles du Nil sont des reptiles aquatiques à croissance continue qui peuvent atteindre 6 m de long et plus, et peser plus de 500 kg (on cite un record mythique à une tonne !).

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zebre, zèbre, zebres, migration, serengeti, tanzanieZèbres dans le Serengeti en janvier

Tout ce petit monde est imbriqué, la nourriture des uns dépend de la présence des autres, directement dans le cas d'une relation proie-prédateur, mais aussi de manière plus complexe entre herbivores de niches alimentaires différentes. Cet écosystème fonctionne depuis des dizaines de millénaires au bénéfice mutuel de tous ses participants, végétaux y compris ! Même les proies tirent bénéfice de l'action des prédateurs. Ceux-ci éliminent faibles, malades, individus en fin de vie, limitent les possibilités de transmission de tares génétiques, de propagation de maladies contagieuses (comme peste, charbon épizootique) et préviennent ainsi les épizooties (= épidémies des animaux), assurent un service de nettoyage/équarrissage sans faille. Et les prédateurs voient leur nombre dépendre de la ressource qu'il convient de ne pas surexploiter sous peine de lendemains de famine.

Le tableau ci-dessous, inspiré du livre magnifique de Carlo Mari (photos) et Harvey Coze (texte), "The Serengeti's Great Migration ", donne les effectifs des "forces en présence". Le livre est paru en 2000, les chiffres donnés sont donc ceux de la fin du siècle dernier. Depuis, le nombre de gnous aurait assez fortement augmenté. Les auteurs nomment DRAMATIS BESTIALIS tous les protagonistes non carnivores impliqués dans la migration, soit actifs (migrateurs) soit spectateurs (résidents). 

Les participants du périple ou "DRAMATIS BESTIALIS"

MIGRATEURS

 

GNOUS = 1 300 000

GAZELLES DE THOMSON = 360 000

ZÈBRES = 191 000

ÉLANDS DU CAP = 12 000

 

1 863 000

RÉSIDENTS

 

TOPIS = 95 000

IMPALAS = 76 000

BUFFLES = 46 000

GAZELLES DE GRANT = 26 000

BUBALES = 14 000

PHACOCHÈRES = 6 000

GIRAFES = 9 000

COBES = 2 000

ÉLÉPHANTS = 2 000

 

276 000
GRAND TOTAL 2 139 000

C'est quoi, la grande migration ? ou un trekking de 600 à 1000 km tous les ans

La grande migration des gnous est annuelle. On peut même dire qu'elle a lieu pendant une grande partie de l'année. Elle est constituée de un à deux millions de gnous (1,7 million d'après le site du NCA), de quelques centaines de milliers de zèbres (au moins 260 000 d'après le site du NCA et jusqu'à 500 000, selon d'autres sources) et d'un certain nombre d'antilopes (plus de 300 000, 470 000 d'après le site du NCA !), majoritairement des gazelles de Thomson, mais aussi des élands. Plus d'un million de gnous accompagnés donc d'un bon peu de zèbres, cela forme un troupeau gigantesque qui parcourt en un an au minimum 500 km et jusqu'à 1000 à 1500 km, voire plus. En effet, la migration n'est pas synonyme d'une marche en avant continue, il y a des "remords", des retours en arrière, des zigzags, des petites boucles dans la grande boucle.

En colonnes pouvant dépasser 30 ou 40 km de long, les gnous parcourent une boucle qui les amène selon la saison entre le sud du Serengeti et de l'aire de conservation du Ngorongoro en hiver et les plaines du nord du Serengeti et Masai Mara au Kenya en été. La grande migration quitte entre mai et juin les plaines du sud pour rejoindre les zones plus humides du nord ou de l'ouest puis de septembre à novembre les gnous refont le parcours du nord vers le sud, toujours à la recherche des pluies et de l'herbe verte et tendre qui va avec. Les gnous peuvent couvrir jusqu'à 80 km par jour, même si les mesures effectuées par satellite sur des gnous équipés de colliers émetteurs donnent des moyennes journalières bien plus modestes, de 4 à 7 km par jour, ce qui en une année représente quand même de 1500 à 2500 km !

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colonne de gnous en migration

Masai Mara est la zone la plus humide de l'écosystème Serengeti Mara, il y pleut plus de deux fois plus que dans le sud-est du Serengeti : 1,10 m de précipitations annuelles contre 50 cm. Elle attire donc tout naturellement (...) le plus gros de la migration tous les étés, pendant la saison sèche qui l'est moins ici qu'ailleurs.

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Tous les gnous de la grande migration ne passent pas forcément par Masai Mara. Et à côté de cette grande migration existent d'autres transhumances de gnous, moins longues, par exemple un petit nombre de gnous (50 000 quand même...) va retrouver ceux de ses congénères du cratère du Ngorongoro qui ne migrent pas (selon les années et les pluies, entre 10 et 30 % de la population du cratère ne migre pas), et environ 100 000 gnous quittent les plaines de Loita au Kenya pour passer l'été dans celles de Masai Mara... Et ce n'est pas l'extension intensive des cultures autour de Mara qui inversera la tendance au sur place, à la non-migration : selon des sources gouvernementales, il y a eu 1000 % d'augmentation des surfaces semées en blé en 20 ans, entre 1975 et 1995, et sans doute une très forte augmentation aussi ces 15 dernières années...