Dans "Parcs et réserves"

Manyara NP

MANYARA NATIONAL PARK TANZANIEManyara

Le parc national du lacManyara présente l'avantage d'être près d'Arusha et comme sa superficie est relativement réduite (330 km²), on peut n'y passer qu'une demi journée en arrivant d'Arusha ou en repartant. Mais on peut aussi y trouver de quoi y passer des journées entières. Le parc est organisé comme une large rive forestière du Lac Manyara. Ce lac en occupe une grande partie, presque les 2/3 quand il est au plus haut.

 

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Serengeti et protection de la faune

serengeti-kopjesAires protégées Le Serengeti, un cas d'école pour la conservation de la faune sauvage

Alain Zecchini Semaine vétérinaire N° 1252 du 13.01.2007 Article original de R. Hillborn et coll. « Effective enforcement in a conservation area » Science 24.11.2006

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Kenya Masai Mara

Masai-Mara est un lieu mythique, le rendez-vous des gnous et des stars de la photo et du film animaliers... Des millions de gnous (un à deux en fait migrent, mais tous ne passent pas par Masai Mara). Et des dizaines de milliers de touristes... Masai Mara est très fréquenté mais avec un bon chauffeur, on peut toujours dégoter un coin et tranquille et intéressant !

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C'est quoi, la grande migration ? ou un trekking de 600 à 1000 km tous les ans...

C'est le déplacement cyclique et en masse de gnous, zèbres et autres herbivores entre les plaines à graminées ("open plains" "grasslands") du sud du Serengeti et de la zone de conservation du Ngorongoro en saison humide (de novembre à mai) et la savane boisée ("woodlands") du nord du Serengeti et de Masai Mara au Kenya en saison sèche (de juin à novembre). La grande migration des gnous est annuelle. On peut même dire qu'elle a lieu pendant une grande partie de l'année, ou même toute l'année avec une pause relative en janvier-février. 

En colonnes pouvant dépasser 30 ou 40 km de long, les gnous parcourent donc une boucle qui les conduit du sud du Serengeti et de l'aire de conservation du Ngorongoro en hiver aux plaines boisées du nord du Serengeti et à Masai Mara au Kenya en été. La grande migration quitte entre mai et juin les plaines du sud pour rejoindre les zones plus humides du nord ou de l'ouest puis de septembre à novembre les gnous refont le parcours du nord vers le sud, toujours à la recherche des pluies et de l'herbe verte et tendre qui va avec.  On s'accorde en effet à dire que la grande migration dépend principalement de la survenue des pluies qui conditionnent la ressource en nourriture des migrants.

Qui va là ? ou les acteurs de la grande migration des gnous (et associés)

La grande migration ("The Great Migration") est constituée de un à deux millions de gnous (1,7 million d'après le site du NCA), de quelques centaines de milliers de zèbres (au moins 260 000 d'après le site du NCA et jusqu'à 500 000, selon d'autres sources) et d'un certain nombre d'antilopes (plus de 300 000, 470 000 d'après le site du NCA !), majoritairement des gazelles de Thomson, mais aussi des élands. C'est donc plus d'un million de gnous accompagnés d'un bon peu de zèbres qui forment ce troupeau gigantesque qui parcourt en un an au minimum 500 km et jusqu'à 1000 à 1500 km, voire plus. En effet, la migration n'est pas synonyme d'une marche en avant continue, il y a des "remords", des retours en arrière, des zigzags, des petites boucles dans la grande boucle. Les gnous peuvent couvrir jusqu'à 80 km par jour, même si les mesures effectuées par satellite sur des gnous équipés de colliers émetteurs donnent des moyennes journalières bien plus modestes, de 4 à 7 km par jour, ce qui en une année représente quand même de 1500 à 2500 km ! 

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colonne de gnous en migration

Masai Mara est la zone la plus humide de l'écosystème Serengeti Mara, il y pleut plus de deux fois plus que dans le sud-est du Serengeti : 1,10 m de précipitations annuelles contre 50 cm. La pluviosité est y aussi deux fois plus importante pendant la saison sèche que dans le Serengeti. Masai Mara attire donc tout naturellement (...) le plus gros de la migration tous les étés, pendant cette saison sèche qui l'est moins ici qu'ailleurs.

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Tous les gnous de la grande migration ne passent pas forcément par Masai Mara. Et à côté de cette grande migration existent d'autres transhumances de gnous, moins longues, par exemple un petit nombre de gnous (50 000 quand même...) va retrouver ceux de ses congénères du cratère du Ngorongoro qui ne migrent pas (selon les années et les pluies, entre 10 et 30 % de la population du cratère ne migre pas), et environ 100 000 gnous quittent les plaines de Loita au Kenya pour passer l'été dans celles de Masai Mara... Et ce n'est pas l'extension intensive des cultures autour de Mara qui inversera la tendance au sur place, à la non-migration : selon des sources gouvernementales, il y a eu 1000 % d'augmentation des surfaces semées en blé en 20 ans, entre 1975 et 1995, et sans doute une très forte augmentation aussi ces 15 dernières années...

LES ACTEURS DE LA GRANDE MIGRATION

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Le GNOU, la vedette que gnous savons

Commençons par la vedette en tête d'affiche. La vedette de la grande migration des gnous, c'est bien sûr le gnou. Plus précisément la sous-espèce Gnou occidental à barbe blanche,  Connochaetes taurinus mearnsi (à ne pas confondre avec le Gnou oriental à barbe blanche, Connochaetes taurinus albojubatus, s'pas ?), en anglais Western White-bearded Wildebeest, est une antilope de grande taille, pesant de 230 à 260 kg pour une taille au garrot de 130 cm et plus, et une longueur de 180 à 240 cm, sans la queue. Mâle et femelle portent des cornes dirigées vers le haut et l'arrière pour les sujets âgés de plus de 6 mois. Son nom de gnou est la transposition du swahili gnu qui est une onomatopée censée restituer le bruit quasi continu qu'émettent nos infatigables marcheurs mâcheurs. Le gnou appartient à l'ordre des Artiodactyles (nombre pair de doigts), à la famille des Bovidés et à la sous-famille des Alcephalinés dont il est le représentant le plus nombreux. C'est donc un ruminant, astreint à brouter pendant des heures et à ruminer le reste du temps. Le gnou peut brouter en se déplaçant mais doit être au repos pour ruminer, couché sur le ventre ou debout.

Les comparses, du premier second rôle aux utilités

Le gnou est accompagné dans son périple par d'autres herbivores. En premier rôle aussi, mais un cran en dessous (disons premier second rôle), nous trouvons un finement rayé, le zèbre. Ses rayures ? sans doute un moyen de limiter les piqûres des tsé-tsé. 
Le Zèbre de Bürchell est un équidé aux goûts alimentaires rustiques, la Gazelle de Thomson est une petite antilope plus délicate dans ses choix alimentaires.
En utilité, des grandes antilopes comme les élands et en beaucoup moins grand nombre les gazelles de Grant (leur migration est discutée, certains auteurs les donnent comme sédentaires). Ces utilités sont nombreuses certes mais injustement ignorées du public qui, en revanche, n'a d'yeux que pour les rôles de méchants. D'autres herbivores ne font qu'une partie du chemin, comme les topis qui profitent du nombre des gnous et associés pour voyager sur une courte distance avec moins de risques. Ce qui est aussi une tactique employée par les zèbres : ils restent en avant-garde en saison sèche, quand la compétition alimentaire avec les gnous existent mais leur collent aux basques (...) en saison verte ou à Mara, quand la nourriture est abondante pour les herbivores car alors les prédateurs viennent faire leur marché préférentiellement chez les gnous, car, comme chacun sait, les zèbres sont des proies moins faciles que le gnou.

Les méchants profiteurs

Les rôles de méchants sont tenus, et brillamment tenus, il faut bien le reconnaître, par les stars que sont les grands chats, lions, léopards et guépards et par les mal-aimés seconds rôles de composition, hyènes, chacals et vautours (et naguère lycaons). Il ne faut pas oublier des acteurs au rôle ponctuel, sinon épisodique, mais crucial, j'ai nommé les Crocodiles du Nil. Et, omniprésentes, envahissantes, la présence piquante de nuages de tsé-tsé, contre lesquelles on pestera moins quand on se rappellera que sans leur susdite envahissante omniprésente présence, la plupart des réserves naturelles et parcs nationaux tanzaniens et kenyans n'existeraient pas. C'est en effet leur présence qui a empêché l'occupation de ces territoires par les humains et leur bétail alors que la faune sauvage est immunisée contre la maladie mortelle qu'elles transmettent, la trypanosomiase (Maladie du sommeil). Les "méchants" ne migrent pas, leurs déplacements se comptent en une ou quelques dizaines de kilomètres, ils se contentent d'attendre d'une année sur l'autre l'arrivée de la manne nourricière, qui ne tombe pas du ciel mais arrive à force de sabots.
Nos prédateurs sont des carnivores patentés, chasseurs ou charognards, le plus souvent les deux à la fois. Seuls les vautours ne mangent exclusivement que des proies mortes de mort naturelle ou tuées par d'autres et seuls les guépards ne se nourrissent que de des proies qu'ils ont tuées. Alors que contrairement aux idées reçues les lions et léopards n'hésitent pas à confisquer une proie tuée par un tiers inapte à la défendre ou à manger un gros animal mort de mort naturelle. Tandis que, contrairement aux idées reçues-bis, les chacals et surtout les hyènes ne se contente pas de manger des charognes ou de voler les proies des autres mais chassent et tuent pour leur compte. Les hyènes sont d'ailleurs de redoutables chasseresses.
Les Crocodiles du Nil sont des reptiles aquatiques à croissance continue qui peuvent atteindre 6 m de long et plus, et peser plus de 500 kg (on cite un record mythique à une tonne !).

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zebre, zèbre, zebres, migration, serengeti, tanzanieZèbres dans le Serengeti en janvier

Tout ce petit monde est imbriqué, la nourriture des uns dépend de la présence des autres, directement dans le cas d'une relation proie-prédateur, mais aussi de manière plus complexe entre herbivores de niches alimentaires différentes. Cet écosystème fonctionne depuis des dizaines de millénaires au bénéfice mutuel de tous ses participants, végétaux y compris qui bénéficient d'une tonte soignée ! Même les proies tirent bénéfice de l'action des prédateurs. Ceux-ci éliminent faibles, malades, individus en fin de vie, limitent les possibilités de transmission de tares génétiques, de propagation de maladies contagieuses (comme peste, charbon épizootique) et préviennent ainsi les épizooties (= épidémies des animaux), assurent un service de nettoyage/équarrissage sans faille. Et les prédateurs voient leur nombre dépendre de la ressource qu'il convient de ne pas surexploiter sous peine de lendemains de famine.

Le tableau ci-dessous, inspiré du livre magnifique de Carlo Mari (photos) et Harvey Coze (texte), "The Serengeti's Great Migration ", donne les effectifs des "forces en présence". Le livre est paru en 2000, les chiffres donnés sont donc ceux de la fin du siècle dernier. Depuis, le nombre de gnous aurait assez fortement augmenté. Les auteurs nomment DRAMATIS BESTIALIS tous les protagonistes non carnivores impliqués dans la migration, soit actifs (migrateurs) soit spectateurs (résidents). 

Les participants du périple ou "DRAMATIS BESTIALIS"

MIGRATEURS

 

GNOUS = 1 300 000

GAZELLES DE THOMSON = 360 000

ZÈBRES = 191 000

ÉLANDS DU CAP = 12 000

 

1 863 000

RÉSIDENTS

 

TOPIS = 95 000

IMPALAS = 76 000

BUFFLES = 46 000

GAZELLES DE GRANT = 26 000

BUBALES = 14 000

PHACOCHÈRES = 6 000

GIRAFES = 9 000

COBES = 2 000

ÉLÉPHANTS = 2 000

 

276 000
GRAND TOTAL2 139 000