éléphants à Ruaha

Grande migration des gnous

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La grande migration des gnous

D'après National Geographic, la grande migration des gnous entre Serengeti et Masai Mara est la dernière grande migration par voie terrestre que connait notre planète. En novembre 2006 la grande migration a été désignée comme une des "sept nouvelles Merveilles du monde" par un pannel d'experts au cours de la populaire émission d'ABC "Good Morning America".

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C'est quoi, la grande migration ? ou un trekking de 600 à 1000 km tous les ans...

C'est le déplacement cyclique et en masse de gnous, zèbres et autres herbivores entre les plaines à graminées ("open plains" "grasslands") du sud du Serengeti et de la zone de conservation du Ngorongoro en saison humide (de novembre à mai) et la savane boisée ("woodlands") du nord du Serengeti et de Masai Mara au Kenya en saison sèche (de juin à novembre). La grande migration des gnous est annuelle. On peut même dire qu'elle a lieu pendant une grande partie de l'année, ou même toute l'année avec une pause relative en janvier-février. 

En colonnes pouvant dépasser 30 ou 40 km de long, les gnous parcourent donc une boucle qui les conduit du Sud du Serengeti et de l'aire de conservation du Ngorongoro en hiver aux plaines boisées du nord du Serengeti et à Masai Mara au Kenya en été. La grande migration quitte entre mai et juin les plaines du Sud pour rejoindre les zones plus humides du Nord ou de l'Ouest puis de septembre à novembre les gnous refont le parcours du Nord vers le Sud, toujours à la recherche des pluies et de l'herbe verte et tendre qui va avec. On s'accorde en effet à dire que la grande migration dépend principalement de la survenue des pluies qui conditionnent la ressource en nourriture des migrants.

Qui va là ? ou les acteurs de la grande migration des gnous (et associés)

La grande migration ("The Great Migration") est constituée d'un à deux millions de gnous (1,7 million d'après le site du NCA), de quelques centaines de milliers de zèbres (au moins 260 000 d'après le site du NCA et jusqu'à 500 000, selon d'autres sources) et d'un certain nombre d'antilopes (plus de 300 000, 470 000 d'après le site du NCA !), majoritairement des gazelles de Thomson, mais aussi des élands. C'est donc plus d'un million de gnous accompagnés d'un bon peu de zèbres qui forment ce troupeau gigantesque qui parcourt en un an au minimum 500 km et jusqu'à 1000 à 1500 km, voire plus. En effet, la migration n'est pas synonyme d'une marche en avant continue, il y a des "remords", des retours en arrière, des zigzags, des petites boucles dans la grande boucle. Les gnous peuvent couvrir jusqu'à 80 km par jour, même si les mesures effectuées par satellite sur des gnous équipés de colliers émetteurs donnent des moyennes journalières bien plus modestes, de 4 à 7 km par jour, ce qui en une année représente quand même de 1500 à 2500 km ! 

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colonne de gnous en migration

Masai Mara est la zone la plus humide de l'écosystème Serengeti Mara, il y pleut plus de deux fois plus que dans le sud-est du Serengeti : 1,10 m de précipitations annuelles contre 50 cm. La pluviosité est y aussi deux fois plus importante pendant la saison sèche que dans le Serengeti. Masai Mara attire donc tout naturellement (...) le plus gros de la migration tous les étés, pendant cette saison sèche qui l'est moins ici qu'ailleurs.

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Tous les gnous de la grande migration ne passent pas forcément par Masai Mara. Et à côté de cette grande migration existent d'autres transhumances de gnous, moins longues, par exemple un petit nombre de gnous (50 000 quand même...) va retrouver ceux de ses congénères du cratère du Ngorongoro qui ne migrent pas (selon les années et les pluies, entre 10 et 30 % de la population du cratère ne migre pas), et environ 100 000 gnous quittent les plaines de Loita au Kenya pour passer l'été dans celles de Masai Mara... Et ce n'est pas l'extension intensive des cultures autour de Mara qui inversera la tendance au sur place, à la non-migration : selon des sources gouvernementales, il y a eu 1000 % d'augmentation des surfaces semées en blé en 20 ans, entre 1975 et 1995, et sans doute une très forte augmentation aussi ces 15 dernières années...

LES ACTEURS DE LA GRANDE MIGRATION


grande-migration-gnous tanzanie ndutuLe GNOU, la vedette que gnous savons

Commençons par la vedette en tête d'affiche. La vedette de la grande migration des gnous, c'est bien sûr le gnou. Plus précisément la sous-espèce Gnou occidental à barbe blanche,   Connochaetes taurinus mearnsi (à ne pas confondre avec le Gnou oriental à barbe blanche,  Connochaetes taurinus albojubatus, s'pas ?), en anglais Western White-bearded Wildebeest. Le gnou est une antilope de grande taille, pesant de 230 à 260 kg pour une taille au garrot de 130 cm et plus, et une longueur de 180 à 240 cm, sans la queue. Mâle et femelle portent des cornes dirigées vers le haut et l'arrière pour les sujets âgés de plus de 6 mois. Son nom de gnou est la transposition du swahili gnu qui est une onomatopée censée restituer le bruit quasi continu qu'émettent nos infatigables marcheurs-mâcheurs. Le gnou appartient à l'ordre des Artiodactyles (nombre pair de doigts), à la famille des Bovidés et à la sous-famille des Alcephalinés dont il est le représentant le plus nombreux. C'est donc un ruminant, astreint à brouter pendant des heures et à ruminer le reste du temps. Le gnou peut brouter en se déplaçant mais doit être au repos pour ruminer, couché sur le ventre ou debout.

Les comparses, du premier second rôle aux utilités

Le gnou, la star de la migration, est accompagné dans son périple par d'autres herbivores.

En premier rôle aussi, mais un cran en dessous (disons premier second rôle), nous trouvons un finement rayé, le zèbre. Ses rayures ? Sans doute un moyen de limiter les piqûres des tsé-tsé. On a aussi évoqué la possibilité qu'elles troubleraient les potentiels prédateurs.
Le Zèbre de Bürchell est un équidé aux goûts alimentaires rustiques, alors qu'un autre migrant, la Gazelle de Thomson, une petite antilope, est plus délicate dans ses choix alimentaires.
En utilité, les rôles sont donnés à des grandes antilopes comme les élands et en beaucoup moins grand nombre les gazelles de Grant (leur migration est discutée, certains auteurs les donnent comme sédentaires). Ces utilités sont nombreuses certes mais injustement ignorées du public qui, en revanche, n'a d'yeux que pour les rôles de méchants. D'autres herbivores ne font qu'une partie du chemin, comme les topis qui profitent du nombre des gnous et associés pour voyager sur une courte distance avec moins de risques. Ce qui est aussi une tactique employée par les zèbres : ils restent en avant-garde en saison sèche, quand la compétition alimentaire avec les gnous existent mais leur collent aux basques (...) en saison verte ou à Mara, quand la nourriture est abondante pour les herbivores car alors les prédateurs viennent faire leur marché préférentiellement chez les gnous, car, comme chacun sait, les zèbres sont des proies moins faciles que le gnou.

Les méchants profiteurs

Les rôles de méchants sont tenus, et brillamment tenus, il faut bien le reconnaître, par les stars que sont les grands chats, lions, léopards et guépards et par les mal-aimés seconds rôles de composition, hyènes, chacals et vautours (et naguère lycaons). Il ne faut pas oublier des acteurs au rôle ponctuel, sinon épisodique, mais crucial, j'ai nommé les Crocodiles du Nil. Et, omniprésentes, envahissantes, la présence piquante de nuages de tsé-tsé, contre lesquelles on pestera moins quand on se rappellera que sans leur susdite envahissante omniprésente présence, la plupart des réserves naturelles et parcs nationaux tanzaniens et kenyans n'existeraient pas. C'est en effet leur présence qui a empêché l'occupation de ces territoires par les humains et leur bétail alors que la faune sauvage est immunisée contre la maladie mortelle qu'elles transmettent, la trypanosomiase (Maladie du sommeil). Les "méchants" ne migrent pas, leurs déplacements se comptent en une ou quelques dizaines de kilomètres, ils se contentent d'attendre d'une année sur l'autre l'arrivée de la manne nourricière, qui ne tombe pas du ciel mais arrive à force de sabots.
Nos prédateurs sont des carnivores patentés, chasseurs ou charognards, le plus souvent les deux à la fois. Seuls les vautours ne mangent exclusivement que des proies mortes de mort naturelle ou tuées par d'autres et seuls les guépards ne se nourrissent que des proies qu'ils ont tuées. Alors que ,contrairement aux idées reçues, les lions et les léopards n'hésitent pas à confisquer une proie tuée par un tiers inapte à la défendre ou à manger un gros animal mort de mort naturelle. Tandis que, contrairement aux idées reçues-bis, les chacals et surtout les hyènes ne se contentent pas de manger des charognes ou de voler les proies des autres mais chassent et tuent pour leur compte. Les hyènes sont d'ailleurs de redoutables chasseresses.
Les Crocodiles du Nil sont des reptiles aquatiques à croissance continue qui peuvent atteindre 6 m de long et plus, et peser plus de 500 kg (on cite un record mythique à une tonne !). Ils sont capables de longues périodes de jeûne, notamment en saison sèche quand leur nourriture de base, à savoir les poissons, est enfouie dans la boue. Et, toujours en saison sèche, le passage des gnous est l'assurance de réserves pour des jours et des semaines.

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zebre, zèbre, zebres, migration, serengeti, tanzanieZèbres dans le Serengeti en janvier

 

La table et son couvert

La table, c'est le Serengeti, le parc national, mais aussi les réserves adjacentes, tanzaniennes et kenyanes (Masai Mara), un ensemble de plus de 25 000 km2. Une vaste plaine avec peu de reliefs, sauf dans la partie orientale du N.C.A., Ngorongoro Conservation Area, zébrée de rivières coulant d'est en ouest pour se déverser dans le lac Victoria. À tout moment de l'année, la grande migration y est visible, plus ou moins facilement.

Et le couvert, ou je devrais plutôt dire "la couverture végétale" ?
Eh bien, essentiellement des graminées (terme que je préfèrerai ici au plus scientifique "poacées"). Les arbres sont rares, plus rares même qu'il ya quelques dizaines d'années, sous l'effet des incendies naturels mais aussi et surtout de l'écobuage, quoiqu'en disent les défenseurs de cette pratique. Comme nourriture, les arbres n'intéressent qu'assez peu les grands mammifères, à l'exception des girafes et éléphants. Non, la couverture intéressante pour les foules de "grazers", comme les appellent les anglo-saxons, ce sont bien les graminées de la savane. La couverture herbeuse de la savane est constituée principalement de graminées pour différentes raisons, résistance à la sécheresse, à la consommation par les herbivores, aux incendies. Les graminées ont l'avantage de croître par la base et non par le sommet, ce qui leur permet d'être peu ou pas affectées par le broutage des gnous et accompagnants (de même que le gazon de nos pelouses ne souffre pas, au contraire, de la tonte). Elles développent également un riche système racinaire qui leur permet de stocker les réserves nécessaires à la repousse après broutage ou incendie. Enfin elles sont riches en silice, ce qui limiterait les pertes d'eau par les feuilles et accroît leur résistance au piétinement perpétuel que leur imposent des millions de sabots. Certaines graminées peuvent atteindre les quatre mètres en saison sèche, d'autres sont plus "terre à terre", voire développent le nanisme comme stratégie de protection contre le "broutage". Autre stratégie, les plus appétissantes se mêlent à de moins "goûteuses", mais cela ne fonctionne qu'avec les herbivores peu sélectifs que sont les gnous, pas avec des convives plus délicats comme les gazelles de Thomson et les zèbres. Parmi les plus communes sans doute, on trouve la Finger Grass (Digitaria macroblephora), au nom évocateur, la préférée de beaucoup de "brouteurs", la Red Oat Grass (Themeda trianda) qui, à maturité, se teinte de rose et atteint les deux mètres, la Pan Dropseed (Sporolobus ioclados) et, last but not least, la Bluestem Grass (Andropogon sp.), aussi appelée d'un nom évocateur, "herbe à gnou". La Red Oat n'est celle qui est consommée en priorité par les gnous, mais contre mauvaise fortune, il faut faire bon cœur, s'pas ?

 Tout ce petit monde est imbriqué, la nourriture des uns dépend de la présence des autres, directement dans le cas d'une relation proie-prédateur, mais aussi de manière plus complexe entre herbivores de niches alimentaires différentes. Cet écosystème fonctionne depuis des dizaines de millénaires au bénéfice mutuel de tous ses participants, végétaux y compris qui bénéficient d'une tonte soignée ! Même les proies tirent bénéfice de l'action des prédateurs. Ceux-ci éliminent faibles, malades, individus en fin de vie, limitent les possibilités de transmission de tares génétiques, de propagation de maladies contagieuses (comme peste, charbon épizootique) et préviennent ainsi les épizooties (= épidémies des animaux), tandis que les charognards assurent un service de nettoyage/équarrissage sans faille. Et les prédateurs voient leur nombre dépendre de la ressource qu'il convient de ne pas surexploiter sous peine de lendemains de famine.

Le tableau ci-dessous, inspiré du livre magnifique de Carlo Mari (photos) et Harvey Coze (texte), "The Serengeti's Great Migration", donne les effectifs des "forces en présence". Le livre est paru en 2000, les chiffres donnés sont donc ceux de la fin du siècle dernier. Depuis, le nombre de gnous aurait assez fortement augmenté. Les auteurs nomment DRAMATIS BESTIALIS tous les protagonistes non carnivores impliqués dans la migration, soit actifs (migrateurs) soit spectateurs (résidents). 

Les participants du périple ou "DRAMATIS BESTIALIS"

MIGRATEURS

 

GNOUS = 1 300 000

GAZELLES DE THOMSON = 360 000

ZÈBRES = 191 000

ÉLANDS DU CAP = 12 000

 

1 863 000

RÉSIDENTS

 

TOPIS = 95 000

IMPALAS = 76 000

BUFFLES = 46 000

GAZELLES DE GRANT = 26 000

BUBALES = 14 000

PHACOCHÈRES = 6 000

GIRAFES = 9 000

COBES = 2 000

ÉLÉPHANTS = 2 000

 

276 000
GRAND TOTAL2 139 000

Pourquoi la grande migration des gnous ? ou Eatin' in the rain

Le déterminisme de la migration n'est pas déterminé (sic) avec certitude... Paradoxalement, alors que le phénomène naturel existe vraisemblablement depuis des dizaines, voire des centaines de milliers d'années, la grande migration n'est connue et surtout étudiée que depuis la fin des années 50, notre confrère allemand Bernhard Grzimek a là aussi été un précurseur comme il l'a été pour la préservation du Serengeti.
On évoque comme cause de la grande migration l'augmentation de la salinité des eaux dans les différents points d'eau qui pousserait les gnous à chercher des eaux moins salées. On pense aussi que les gnous peuvent sentir les pluies, un peu (en fait beaucoup mieux) comme nous sentons la fumée.

On pourrait aussi penser que pour éviter l'épuisement de la ressource en herbe, un troupeau d'un million de têtes est forcé de bouger, les graminées ont besoin de temps pour repousser après un broutage consciencieux par des centaines de milliers de mufles. C'est vrai, mais la migration des gnous existait déjà quand le cheptel était bien moindre. L'auteur du livre et le réalisateur du fameux film "Le Serengeti ne doit pas mourir" oscarisé en 1960, Bernhard Grzimek, avait estimé la population de gnous à 100 000 têtes en 1958. Le premier recensement de 1961 avait donné comme nombre de gnous dans le Serengeti un total de 263 362 (admirable précision, surtout si l'on sait que ce nombre est obtenu en divisant le nombre de pattes et de cornes comptées par six). Et la migration était bien établie sur les mêmes parcours qu'actuellement. Depuis, on estime la population de gnous a largement dépassé le million, grâce à un ensemble de facteurs devenus favorables. Les incendies qui ont dévasté les zones arbustives et les ont remplacées par de la prairie, les pluies plus abondantes des années 1970, ont favorisé les graminées et donc les herbivores. Et aussi est apparue chez nos amis gnous une immunisation naturelle contre la peste bovine qui, à la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe, les avait durablement décimés (en fait bien pire que ça : ce n'est pas 10 % de pertes mais seulement moins de 10% du cheptel qui aurait survécu). On peut y ajouter à cela la vaccination des troupeaux domestiques qui réduit le risque de contagion bétail-gnous.

L'explication la plus probable est à chercher dans la qualité de la nourriture des gnous.
La base de l'alimentation du gnou est constituée de graminées, dont une des plus appréciées, caractérisée par des épillets barbus, du genre Andropogon et de la famille des Andropogonées,  est appelée "herbe à gnou" pour des raisons faciles à deviner !
Les graminées à maturité sont sèches et moins nutritives, elles se chargent en cellulose. Certes la cellulose est digestible pour les ruminants grâce à la flore bactérienne de leur rumen qui la transforme en glucides assimilables. Mais les graminées matures s'appauvrissent en protéines, indispensables à la gestation et à l'allaitement. Les gnous suivent donc les pluies, synonymes de pousse d'herbe jeune, riche en protéines. Certains chercheurs pensent aussi que les gnous sont à la recherche de minéraux et d'oligo-éléments spécifiques dont ils ont besoin à un moment donné et qui se trouvent à des endroits très différents : cuivre, zinc, sodium à Masai Mara en été en début de gestation puis dans le Serengeti en novembre-décembre, en fin de gestation donc, calcium, magnésium et potassium.

"Feeding facilitation and the grazing succession"

Cette expression est "classique" chez les écologistes anglo-saxons qui étudient la savane et les herbivores, je pourrais la traduire approximativement pas "Facilitation du nourrissage et séquence de broutage". 

Les gnous et les zèbres sont faits pour s'entendre, ils ne broutent pas de la même façon ! Les gnous mangent en marchant, ils apprécient les repousses après brûlis. Les zèbres, moins difficiles, et plus performants en "broutage" mangent de tout, méthodiquement. Ils font une sorte de pré-tonte pour les gnous, ils leur permettent d'atteindre les jeunes plantes dégagées et stimulent la production de repousses riches en protéines... Les zèbres consomment sans problème la partie supérieure à maturité, plus ligneuse, plus coriace, les gnous, plus délicats, se régalent de ces jeunes repousses de graminées tendres et riches en protéines. Et ce n'est pas fini, après le passage des gnous, les graminées ont encore une repousse qui convient particulièrement aux habitudes et besoins alimentaires des gazelles de Thomson. Les troupeaux mixtes zèbres gnous sont fréquents pendant la grande migration mais les gazelles ne sont jamais loin, même si on les remarque moins.
Cette interaction du genre Gillette à trois lames n'est-elle pas presque trop belle pour être vraie ? Brian Shorrocks, l'auteur de The biology of African Savannahs écrit à son sujet : "It's a good story, but is it true?". Une certitude, c'est que le gâteau (de graminées...) n'est pas extensible à l'infini, ainsi le doublement du nombre de gnous au cours des dernières décennies s'est accompagné d'une division par deux du nombre de "Tommies" comme nos amis anglo-saxons aiment appeler affectueusement les Gazelles de Thomson. Mais il est quand même avéré que les susdites gazelles tirent bénéfice pour se nourrir du passage préalable des gnous. Rien n'est simple non plus dans la savane !

Ce dont on est sûr, en revanche, c'est que pendant les déplacements en saison sèche les zèbres précèdent les gnous, alors qu'en saison humide, ou une fois arrivés à Mara, ils ont tendance à plus côtoyer les gnous, à se mêler à eux. Cette mixité recherchée par les zèbres leur permettrait de mieux échapper aux prédateurs, que ce soit les tsé-tsé troublées par leurs rayures (je rappelle que c'est la dernière théorie en cours pour expliquer le pyjama "so chic" de nos amis) ou les grands chats qui choisissent la facilité en attaquant préférentiellement les gnous, proies plus faciles que les rayés !
La "tonte" de l'herbe à ras que pratiquent nos tondeuses à gazon sur pattes a également des effets bénéfiques pour l'herbe elle-même ! On sait que le gazon aime les tontes courtes et le passage du rouleau  qui éliminent la concurrence et au contraire favorisent sa croissance : les graminées de la savane piétinées et broutées sont donc bien à leur aise avec leurs bons soins annuels prodigués par environ deux millions de convives. La colonisation de la savane par des arbustes, notamment les acacias, en est empêchée, la tonte à ras sélectionne et favorise les espèces de graminées à croissance basse, comme par hasard celles qu'affectionnent nos amis gnous. Les bouses (estimées à 800 tonnes par jour !) fertilisent la savane par ses apports azotés. Enfin, in fine, les éléments minéraux des squelettes sont rendus à la terre nourricière. La tonte de l'herbe diminue aussi le risque d'incendie, une alternative bio à l'écobuage en quelque sorte !

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gnou broutant l'herbe rase

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troupeau mixte, gnous et zèbres, à Ndutu N.C.A. Tanzanie

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Migration : gnous en février à Ndutu

Reproduction des gnous et grande migration des mêmes

La conception se fait en mars avril, au début de la migration des gnous. Les gnous mâles se constituent au sein du troupeau des harems pouvant compter plusieurs dizaines de femelles en rut qu'ils protègent à coup de meuglements et de cornes contre les ardeurs des autres mâles. Les mâles célibataires sont rejetés sur le bord du troupeau, là où ils sont le plus vulnérables, les places les plus sûres sont réservées aux femelles et à leurs petits ainsi qu'aux "pachas". Après une gestation d'environ 8,5 mois, les naissances se produisentdans le sud du Serengeti et dans l'aire de conservation du Ngorongoro (NCA, région de Ndutu), pour la plupart  en janvier et février et pour les dernières en mars... Elles ont lieu en plein jour, quand l'activité des prédateurs est moindre. En 3-4 semaines, à raison de 8000 gnous nouveau-nés par jour, l'essentiel des mise-bas a eu lieu. Madame Gnou accouche d'un seul petit, sous l'œil intéressé des mangeurs de placentas (et plus si affinités/opportunités), hyènes et chacals... Les vautours aussi sont là pour débarrasser la savane des avortons, mort-nés et autres parturientes mortes en couche. Faut dire qu'il y a du pain sur la planche, si j'ose dire, avec ces 8000 naissances par jour ! Heureusement que Bébé Gnou est très rapidement capable de courir, vite et longtemps, avec Maman Gnou.

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Migration : gnous et jeunes en février à Ndutu

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Migration : bébé gnou avec sa maman gnou

Le petit gnou peut se mettre debout et marcher puis galoper au bout de seulement trois à six minutes ! Indispensable quand on est l'objet de tant de convoitises ! Maman Gnou est du genre distrait, elle peut abandonner involontairement son pourtant unique petit, encore endormi, pour bouger ou migrer avec les copains et parcourir des kilomètres et des kilomètres avant de s'apercevoir de son léger oubli. Le petit veau-gnou suivra alors tout ce qui bouge, 4x4 compris en meuglant plaintivement. Cœurs sensibles, ne lisez pas plus loin, ces petits solitaires ne passeront pas la nuit... Il n'y aurait que 60 % de veaux à atteindre l'âge de 4 mois et encore la concentration des naissances en quelques semaines "sature" pourtant les capacités d'absorption des prédateurs, les pertes sont ainsi bien moindres que si les naissances étaient plus étalées dans le temps... Petit Gnou reste avec sa mère pendant un an, jusqu'à la naissance de Petite Sœur Gnou ou de Petit Frère Gnou. Les femelles sont fécondes chaque année jusque vers 12 ans. La durée de vie maximale d'un gnou est d'environ 18 ans, mais bien peu dans la savane atteignent ce grand âge...

Dès 8 jours, Bébé Gnou peut parcourir jusqu'à 30 miles (plus de 40 km) par jour. Et quand arrive le moment de la grande migration ancestrale vers le nord à la recherche des pluies et herbes tendres, notre jeune gnou qui a alors 3-4 mois est capable de ne pas se faire larguer au cours des heures passées à migrer sur des dizaines de kilomètres, de soutenir l'allure et est beaucoup moins vulnérable. Jusqu'au crossing prochain, mais c'est une autre histoire que je raconte dans la partie 2 de la grande migration des gnous, s'pas ?

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Migration : bébé gnou sans sa maman gnou. Ses heures sont comptées...

La grande migration, c'est quand ?

Eh bien tout le temps, ou presque ! La migration des gnous est perpétuelle, ou presque ! Mais pas aux mêmes endroits ! En janvier et février, les gnous (et zèbres et accompagnateurs, dont les parasites : tsé-tsé, tiques) quittent le NCA et on peut les observer à Ndutu. En juin on les trouve sur la Grumeti et la Mara, de juillet à octobre, les gnous sont dans le Masai Mara, ils retournent dans le Sud à partir de septembre, octobre et le cycle continue... En principe, en principe ! Mais, comme tout phénomène naturel, de gros écarts sont possibles, encore plus quand le phénomène dépend des conditions climatiques. De grosses variations sont possibles dans les saisons, et donc dans la localisation et même dans le trajet de la grande migration. Ainsi en février une année, nous avons parcouru pendant 10 jours tout le Serengeti du nord au sud et le nord de l'aire de conservation du Ngorongoro en ne rencontrant que des hordes faméliques (en nombre, pas en satiété). Jonathan Scott (The Great Migration) a écrit de la grande migration "It is a dynamic process wich defies predictions: no two years are ever quite the same". Et dans le livre de Sinclair et Areese, Serengeti II, on trouve la phrase suivante qui illustre bien le caractère non exactement prévisible de la grande migration, à la fois en "timing" et en parcours : "The precise timing and pattern of the Serengeti migration is complex and erratic.

La grande migration, c'est où?

Les endroits de prédilection : en Tanzanie en hiver (petite saison sèche) Ndutu, de mai à juillet Serengeti, Lobo, Klein's Camp, Migration Camp et le corridor ouest (Grumeti), au Kenya de juillet à octobre Masai Mara.

Les grandes rivières du Serengeti sont l'occasion de "crossings" (traversées de rivière) particulièrement spectaculaires. Du sud au nord, les gnous traversent la Seronera puis la Mbagaleti, en mai juin, puis la Grumeti dans le Western Corridor et enfin la Mara en juin-juillet. La migration est ensuite observable dans la réserve de Masai Mara au Kenya (en fait, administrativement, les réserves).

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carte animée de la migration
(tirée du site thesafaricompany)

Où et quand admirer la grande migration des gnous ?

migration, carte, grande migration, gnousCarte tirée de l'excellentissime "Kenya Tanzanie Le guide du safari faune et parcs" de Michel Breuil et al. Éditions Marcus


La grande migration des gnous (et accompagnateurs) avance en gigantesques troupeaux qu'aucun obstacle n'arrête. Pas même les lacs, au risque de s'enliser, pas même les cours d'eau qui sont traversés sans tenir compte des dangers, crocodiles, courant violent, berges escarpées, rochers casseurs de pattes.

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 Les berges escarpées et l'entêtement des gnous conduisent ainsi à des pertes plus ou moins massives, comme en 2007 où le grand photographe Michel Denis-Huot nous a raconté avoir dénombré plus de 500 cadavres à l'heure dérivant dans la Mara à la suite du choix d'un lieu de passage particulièrement boueux, glissant et impraticable. Il a fallu que les rangers alertés par Michel interviennent pour stopper le massacre en détournant les arrivants... Il y a des photos impressionnantes de la grande migration sur le site de Michel et Christine Denis-Huot, certaines sont certes déconseillées aux cœurs sensibles, mais toutes sont conseillées aux amateurs de belles photos. Ainsi que l'ensemble de leur site et de leurs œuvres, est-il besoin de le signaler ?

ndutu lac migration gnouGNOU LAC NDUTU

Migration : gnous à Ndutu sur le lac Masek

Migration des gnous et prédation

La prédation et le braconnage (près de 20 à 50 000 victimes par an quand même) ne sont pas la principale cause de décès pendant la grande migration, puisque 60 % de ceux-ci seraient dus à des accidents, noyades, piétinements, ou à la maladie. En tout, entre accidents, maladies, prédation, près de 10 % du cheptel succombe pendant la migration, soit de cinquante mille à cent mille pertes selon les années... On estime que 80 % des pertes par prédation seraient dues aux lions, mais les hyènes prélèvent aussi leur tribut, particulièrement chez les parturientes. Les hyènes ne se contentent souvent pas des placentas et avalent volontiers si elles le peuvent le rejeton et éventuellement pour faire un compte-ventre rond l'accouchante. Parmi les prédateurs actifs, on trouve hyènes et tous les grands chats, lions, léopards, guépards. A deux ou à trois, ces derniers arrivent même à abattre de jeunes adultes. Les lycaons faisaient partie des chasseurs de gnous les plus redoutables mais ils ont été quasiment exterminés dans les dernières décennies du siècle précédent. Mais actuellement c'est donc les lions qui se taillent la part... du lion avec leurs 80 % de captures.

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Kill de gnou par deux des fameux trois frères-guépards de Masai Mara 

Mais il ne faut pas oublier les crocodiles du Nil, of course, regardons cela en page suivante...


"Crossing" traversée de cours d'eau

Le crossing n'est qu'un court moment de la migration, quelques heures sur 8-9 mois de transhumance, mais ce sont des heures cruciales toujours, fatales parfois.

Nos amis gnous (zèbres, gazelles) sont attendus. Avec combien d'impatience, ô combien ! La traversée de la Mgabaleti, de la Grumeti au nord-ouest (Western Corridor, corridor ouest), la traversée de la Mara au nord-est sont des aubaines pour les crocodiles, ce n'est pas pour rien que ceux de la Grumeti comptent parmi les plus gros d'Afrique.

On hésite au bord, on recule, on se trempe, on ressort. Et finalement on y va, à plusieurs.

gnous zèbres masai mara crossing

 gnous et zèbres dans la Mara

crossing gnou gnous mara masai mara GNOU MARA CROSSING

Migration : gnous traversant la Mara

Et alors, c'est Byzance pour les crocos, quelles agapes chaque année, de quoi tenir jusqu'au prochain été ! Encore une fois, c'est le nombre qui sauve ! Les gnous dans la rivière sont si nombreux que l'on ne sait plus où donner du croc ! C'est à pleurer, toute cette nourriture gâchée qui va prendre pied de l'autre côté. C'est encore plus à pleurer, larmes de crocodile bien sûr, quand dérivent au gré du courant des dizaines, des centaines de gnous noyés, étouffés qui ne profiteront à personne, tant les ventres sont déjà pleins... Cette traversée des cours d'eau ou crossing qui n'est pas sans risque est pourtant parfois faite dans un sens puis dans l'autre la même journée, sans raison apparente, sinon le besoin grégaire de suivre le troupeau : dès qu'un "leader" s'est jeté à l'eau pour traverser, il est assuré, ou presque, d'être suivi du reste du troupeau...

Mara crossing migration crocodile et gnou

Ciel, on me suit !

CROSSING CROCODILE GNOU MARA RIVER

Migration : crocodile et gnou, la rencontre fatale

GNOU MARA CROCODILE CROSSING KILL

mara river crossing de gnou et kill

mara river crossing de gnou et kill

Migration : un crocodile a attrapé un gnou, drame à succès qui se joue et rejoue depuis des milliers d'année !

mara river crossing de gnou et kill

le drame est parfois plus feutré, comme ci-dessus où l'un des gnous discrètement happé
a le museau 
en l'air, un autre a seulement une corne encore émergée

Le gnou est-il stupide ?

Du moins aussi stupide que dans cette célèbre "gnou vidéo" du Birdbox Studio?

Au niveau de l'individu, le comportement paraît suicidaire, passer et repasser dans le même endroit de la rivière manifestement peu ou pas praticable, servir de pâture aux crocodiles, faut pas être très malin, et effectivement notre ami gnou ne semble pas respirer l'intelligence. Mais selon un vieil adage à moi que j'ai, la nature n'aime pas gâcher et il suffit pour qu'une espèce soit viable qu'elle soit plus intelligente que sa principale source de nourriture. Alors, vous m'accorderez que par rapport aux graminées de la savane, nos amis gnous ont encore une petie marge...

Et puis, ce qui compte, c'est la survie de l'espèce, et comme le flamant nain, comme beaucoup de poissons marins, l'espèce gnou a choisi une stratégie de survie qui repose sur le nombre. Il n'y a pas, il n'y aura jamais assez de crocos, de lions, de léopards pour mettre en péril la survie de l'espèce : ils ne tuent pas plus de proies qu'ils n'en peuvent manger, contrairement à l'Homme (cf. le tristement célèbre Buffalo Bill et les bisons d'Amérique). Et encore, ils tuent préférentiellement les solitaires, les attardés, les malades, ceux qui courent le moins vite, ceux qui n'ont pas de chance (la chance, ça se provoque, Napoléon avant de promouvoir un officier au grade de général ne demandait-il pas si l'impétueux impétrant avait de la chance ?). Débarrassée des poids morts (sic), des lents, des fourbus, des malingres, des poissards, l'espèce n'en profitera que mieux. Adoncques l'espèce gnous n'est pas stupide si l'individu gnou l'est. Un peu...


Vidéos de la grande migration des gnous

L'Internet regorge de vidéos sur la Grande migration, de quelques minutes à quelques dizaines de minutes, d'amateur ou de la BBC, le choix est vaste. J'en ai noté trois, mais d'autres sont aussi intéressantes, un petit tour sur youtube vous en convaincra facilement.

migration youtube
Vidéos sur Youtube

NB : non, Trotro ne migre pas, il passait juste par là par hasard...

Grande migration, Herd Tracker, en anglais

Grande migration sur la Grumeti

Migration, avec musique grandiloquente mais belles images

Bibliographie de la grande migration des gnous

Ami lecteur (et lecteur patient, puisque tu es allé jusqu'au bout du bout de notre périple de la grande migration des gnous !), tu trouveras ci-dessous quelques livres que j'ai trouvé utiles et qui pourront t'intéresser si tu veux élargir tes connaissances sur la migration en Tanzanie et au Kenya au delà ma sommaire mise en bouche, si j'ose dire. Si ton libraire préféré ne dispose pas d'un rayon spécial "Grande migration des gnous" et s'il n'est pas décidé à en ouvrir un sous peu, commande-lui ces très savants et/ou très splendides ouvrages et si, malgré ses méritoires efforts il ne peut te les délivrer, essaie la Toile, avec Amazon et ses différentes extensions de pays, .fr, .de, .uk et .com (US) et chapitre.com. Avec un peu de chance, tu pourras même les trouver en occasion à des prix intéressants.

Kenya-Tanzanie : Le guide du safari, faune et parcs de Michel Breuil, Frantz Thille et Jean-Paul Mayeur (1998) Éditions Marcus Les Guides du voyageur (génial mais hélas épuisé, voir les occasions) 

The Biology of African Savannahs de Brian Shorrocks (2007) Oxford University Press

La végétation de l'Afrique de F. White (1998) IRD Orstom

Serengeti Dynamics of an Ecosystem de A.R.E. Sinclair @ M. Norton-Griffiths (1979) The University of Chicago Press

Serengeti II Dynamics, Management and Conservation of an Ecosystem d'Anthony R.E. Sinclair & Peter Areese (1995) The University of Chicago Press

Serengeti Story life and science in the world's greatest wildlife region d'Anthony R. E. Sinclair (2012) Oxford University Press

Gnu's World Serengeti Wildebeest Ecology and Life History de Richard D. Estes (2014) University of California Press

 Des livres sur la grande migration des gnous pour le plaisir des yeux !

The Great Migration de Jonathan Scott (1989) Rodale Press

The Serengeti's Great Migration de Harvey Croze pour le texte et de Carlo Mari pour les (superbes) photographies en noir et blanc (légèrement sépia), préface de Richard Estes (2000) Abbeville Press

La grande migration de Harvey Croze pour le texte et de Carlo Mari pour les (superbes) photographies en noir et blanc (légèrement sépia)  (1999) Marval vous l'avez compris c'est une traduction de The Great Migration (1999) des auteurs précédents réédité sous le titre The Serengeti's Great Migration en 2000, mystères de l'édition !

AFRICAN ODYSSEY 365 Days de Anup et Manoj Shah (2007) Deux photographes kenyans d'origine indienne qui ont suivi la grande migration pendant un an, à découvrir absolument !

Des sites sur la grande migration des gnous

Les dernières nouvelles de la migration dans le blog (en anglais) de Nomad Tanzania "SERENGETI MIGRATION BLOG"

Site de Christine et Michel Denis-Huot 6 pages de très très belles images !

 

Au revoir, amis gnous !